Journal H. Carlight (3)
Extrait du journal de Henry Carlight (3)
Politiquement, l’Europe est divisée bien que chaque nation dise son désir de lutter contre le Mal. L’Europe continentale est de façon quasi-unanime sous la direction du Vatican. La Grande-Bretagne collabore activement avec le Saint-Empire bien quelle garde son indépendance en tout point. En effet il était impensable que les Anglicans se mettent au service des catholiques. Bien que nos saintes institutions n’aient pas cours sur l’île, Scotland Yard et nous travaillons en étroite relation.
Plus difficiles sont les relations avec les Irlandais. Deux ans seulement après la ratification du traité d’union, l’Irlande tout entière se souleva. Une révolution comme le monde n’en avait jamais vu. Des milliers d’Irlandais dans les rues chantaient et dansaient leurs séculaires traditions. Ils avançaient désarmés sur le parlement réclamant sa dissolution et l’exil des Anglais.
Selon les témoins, un vieil homme à la barbe et aux cheveux longs nacrés, portant les attributs des anciens druides guidait la foule de sa voix douce et apaisante. Bien qu’il s’adressait à des milliers de personnes, il semblait chuchoter à l’oreille de chacun.
Les gardes anglais avaient l’ordre de faire feu sur la foule mais mystérieusement aucun d’eux n’y parvint. Ce personnage est devenu le chef de toute l’Irlande désormais gaélique. Un si beau pays à la foi catholique si puissante effondrée dans les miasmes du paganisme, voilà qui a sapé le moral de tout l’empire.
Notre Saint Père a plusieurs fois tenté d’établir des relations diplomatiques avec ce Merlin ou Myrdin, mais il refuse constamment, prétextant un emploi du temps trop chargé. Nous savons aussi que la population de l’île augmente significativement, car de nombreux Français et Anglais rejoignent les gaéliques. Ces migrants disent répondre à “l’appel du sang” qui retentit dans le cœur de tout les descendants des peuples celtes.
Sur le plan militaire le front russe est sous contrôle, l’ost des croisés tient avec succès la frontière. Notre général, le grand Napoléon, probablement le plus fin stratège qu’ait connu la planète, déjoue toutes les incursions sataniques. Le Malin doit se faire un point d’honneur à le maudire chaque matin. Mais c’est lui même qu’il devrait maudire, car à l’évidence il ne sait rien de la stratégie.
Depuis quelques temps nous voyons de plus en plus de démons mineurs sur le champs de bataille, ils nous posent de gros problèmes, leur constitution robuste faisant d’eux de formidables adversaires. Nous découvrons à peine le pouvoir des bénédictions magiques pour augmenter la létalité de nos armes contre les démons. Les prêtres formés par le Vatican et utilisant le pouvoir du Seigneur nous apportent un soutien précieux au front. Ils nous apaisent et nous guérissent, renforcent aussi notre foi sans laquelle la guérilla incessante des démons aurait annihilé notre moral.
Sur le plan de la sécurité intérieure, la situation est tout autrement inquiétante. Bien que l’action conjuguée de la Sainte Inquisition et de l’Ordre du Temple ait permis de réduire significativement l’activité des groupes satanistes, elle a aussi eu pour effet de les rendre plus clandestins. La vente d’opium aux légions de drogués de l’empire les finance. Ils s’enterrent sous les villes élevant les démons nés à l’intérieur des frontières, enlevant nos enfants pour leurs besoins sadiques ainsi que pour leur pratiques magiques impies.
Ils forment des clans dans la plupart des villes de l’empire dirigés d’une main de fer par les démons qu’ils ont élevés. Nous retrouvons un nombre croissant de citoyens exsangues mordus aux principales artères ou veines, ils se nourrissent de sang tels les vampires des légendes.
Des fous et des personnes impressionnables devenus hystériques décrivent des ours et des loups à moitié humains combattant les démons dans les forêts ou la nuit aux abords des villes. Hallucinations provoquées par la terreur ou l’abus de drogue. La véritable guerre pour l’instant se déroule dans nos villes et nos campagnes. Le Démon espère nous affaiblir par cette guerre interne avant d’enfoncer nos frontières. Mais aussi difficile soit la lutte, Dieu nous accompagne de sa bénédiction.